On se souvient avec effroi de l’avocat parisien, Arno Klarsfeld, qui a hérité par la suite d’un poste de conseiller auprès du premier ministre François Fillon dans le gouvernement Sarkozy [1], soutenir la guerre du pétrole et les bombardements de civils irakiens car, notamment, l’Irak n’était pas une "dictature tranquille"...
" (...) Je pense qu’il faut imposer parfois par la force la démocratie à des dictatures qui ne sont pas des dictatures tranquilles. Il y a des dictatures tranquilles, qui ne posent pas de danger, mais celle-ci est une dictature expansionniste. Il faut imposer la démocratie au monde arabe (...)" Arno Klarsfeld dans La Guerre en débat sur France 3 le 15 février 2003
Le Gabon est-il, selon l’avocat franco-israélien, collaborateur occasionnel du Président Nicolas Sarkozy et ancien amant de Carla Bruni, une "dictature tranquille" ?
Le Gabon serait-il, selon le Président français et actuel mari de Carla Bruni, une "dictature tranquille" ?
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Le 25 juillet à Bordeaux, au premier sommet entre l’Union Européenne et l’Afrique du Sud, Sarkozy proclamait : "Je ne parlerai pas à Monsieur Mugabe."
Décision honorable... Mais...
Mais comme le rappelle le Canard Enchaîné (30 juillet 2008), "Mugabe a de quoi être vexé : c’est le seul dictateur à qui Sarko refuse de parler, alors qu’il dialogue à l’Elysée avec le syrien Bachar el-Assad, le libyen Kadhafi ou le tunisien Ben Ali..." Rappelons également que le Président français se dit un grand ami d’un autre dictateur, au pouvoir depuis plus de 42 ans : Omar Bongo...
Omar Bongo, l’ami de Sarkozy
Nicolas Sarkozy a rencontré Omar Bongo à l’occasion de la campagne présidentielle, selon lui afin de recueillir les bons conseils d’un homme d’expérience. Omar Bongo aura aussi rencontré, lors de cette campagne affligeante, François Bayrou et Jean-Marie Le Pen...
A peine élu, le nouveau président français appelait Omar Bongo pour le remercier de "ses bons conseils" [2], puis le recevait à l’Élysée le vendredi 25 mai 2007 et ordonnait à tout son gouvernement de passer saluer le doyen des "amis de la France".
Deux mois plus tard, l’amitié entre Nicolas Sarkozy et Omar Bongo se confirme, puisque c’est Libreville que le président français choisit pour clore sa première tournée africaine, le 27 juillet 2007.
Et il n’y arrive pas les mains vides, puisqu’il a obtenu, la semaine précédente, un accord jamais vu du Club de Paris qui allège d’au moins 15% la dette de la "pétro-monarchie" gabonaise.
Notons tout de même qu’Ali Bongo Ondimba, fils (et probable successeur...) du vieillard sénile gabonais qui a rebaptisé sa ville de naissance Bongoville et a donné son nom à une université gabonaise (l’université Omar Bongo) est ministre de la Défense du Gabon depuis 1999...
Petit rappel : Dictateur
• Encyclopædia Universalis : « La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l’évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l’empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s’agit en général d’un régime très personnel ; mais l’armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. »
• Dictionnaire de la politique (Hattier) : « La dictature se définit comme un régime arbitraire et coercitif, incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe de l’égalité devant la loi. »
• Dictionnaire culturel (Le Robert) : une dictature est une « concentration de tous les pouvoirs entre les mains d’un individu, d’une assemblée, d’un parti ; organisation politique caractérisée par cette concentration de pouvoirs », et un dictateur est une « personne qui après s’être emparé du pouvoir l’exerce sans contrôle. »
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Ci-dessous le dernier communiqué de l’association Survie. Il peut cependant sembler bien naïf de demander au Président français, si prompt à recevoir les dictateurs africains, d’œuvrer pour que ces derniers respectent les Droits de l’Homme que bafouent depuis des dizaines d’années "ses amis" si peu fréquentables...
Lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, Président de la République
Les militants pour la démocratie et des droits de l’Homme au Gabon en danger
Paris, le 1 août 2008
Monsieur le Président,
Les excellents rapports que vous entretenez avec le président du Gabon sont de notoriété publique. Or, comme vous le savez, des responsables d’organisations de la société civile gabonaise – de longue date victimes d’innombrables harcèlements et menaces sur leurs personnes et leurs droits – sont à nouveau visés par le pouvoir gabonais en raison de leur combat contre la pauvreté, la corruption, l’opacité de l’utilisation des revenus miniers et le détournement de l’argent public.
Pour avoir dénoncé un scandale financier dans lequel serait impliqué le Procureur de la République du Tribunal de première instance de Libreville, avoir demandé la suspension de ce dernier et l’ouverture d’une enquête concernant l’affaire, cinq dirigeants d’organisations non gouvernementales (ONG) gabonaises ont été convoqués par la police à-fin d’interrogatoire. Selon ces derniers, la police aurait tenté des les arrêter, sans charges ni mandat, alors qu’ils assistaient à une réunion du Front des Organisations de la société civile contre la pauvreté au Gabon (FOSCPG). Ils sont accusés d’outrage à magistrat.
Il s’agit notamment de Marc Ona, coordinateur de la coalition Publiez ce que vous payez (PCQVP) Gabon et membre du comité Initiative de transparence des industries extractives (ITIE).
Comme vous le savez aussi, en juin dernier, Monsieur Ona a été empêché de se rendre aux Etats-Unis pour participer à une réunion internationale sur la transparence des revenus du secteur extractif. Les autorités gabonaises, qui n’ont cure d’une telle transparence, mettent sous la menace les Gabonais qui ont l’immense courage de s’engager dans un rude combat pour améliorer les conditions de vie de leurs concitoyens.
Aujourd’hui, tous les observateurs de la situation au Gabon mettent en alerte ceux qui veulent bien les écouter : ces courageux militants de la société civile gabonaises sont en danger.
Vous, Monsieur le Président, qui dites défendre la démocratie et le respect des droits de l’Homme, vous devez, d’urgence, donnez la preuve de votre sincérité. Vous devez vous mettre à l’écoute de cette alerte.
Il serait indigne de votre part de ne pas prendre, publiquement, la défense de ces personnes en danger. Nous comptons sur vous pour leur apporter votre soutien.
Dans cette attente, nous vous prions de recevoir, Monsieur le Président, l’expression de notre haute considération.
Copie à : Bernard Kouchner, anciennement socialiste, actuel ministre des Affaires étrangères et européennes.
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Le Gabon :
Superficie : 267 670 km²
Capitale : Libreville
Population : 1,4 millions d’habitants
Un tout petit pays, peu d’habitants, beaucoup de richesses et un sous-sol très riche, un "gouvernement" d’incapables corrompus et donc une population très pauvre.
•L’économie gabonaise :
Le Gabon est un pays au sous-sol très riche. Il exporte du manganèse, du pétrole, du gaz, du fer, du bois et bien d’autres produits de son sol et son sous-sol depuis longtemps. L’exploitation des mines d’uranium de Mounana, situées à 90km de Franceville, a été interrompue en 2001 du fait de l’arrivée sur le marché mondial de nouveaux concurrents. La relance de l’exploitation de ses importants gisements d’uranium est aujourd’hui d’actualité. Le train de Franceville-Libreville exporte, depuis les années 1980, le minerai des mines de manganèse, d’uranium et de fer situés à Moanda. Les gisements ferreux de Bélinga au nord-est de Makokou ne sont pas encore exploités. Leur exploitation est prévue pour courant 2012.
Les revenus pétroliers, devenus importants depuis les années 1970, n’ont que très partiellement (c’est un euphémisme) servi à moderniser le pays et à diversifier l’économie gabonaise. Mais le vieux Omar (et sa clique) dispose d’une colossale fortune personnelle...
En fait, la population ne profite que peu des richesses du Gabon, si bien que le niveau de vie de beaucoup de Gabonais demeure moyen en dépit d’un PNB par habitant relativement élevé.
•Le contrôle des médias :
Le Conseil National de la Communication gabonais(CNC) sensé être chargé "de réguler et de veiller à l’expression plurielle des médias" brille par son manque de neutralité (c’est encore un euphémisme) faisant surtout la part belle aux médias d’État. Le CNC monte ainsi au créneau pour suspendre les médias privés alors que pour les même faits répréhensibles, il ferme volontairement les yeux s’il s’agit de la presse proche du pouvoir...
Le danger c’est la disparition progressive de plusieurs titres de la presse privée dont la liste est déjà longue : c’est le cas de La Griffe, La Clé, Le Bûcheron, Le Progressiste, La Cigale... Le Gri-Gri international a ainsi, a plusieurs reprises, été interdit de diffusion, quand il n’est pas tout simplement saisi...
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